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Bouclier - Armes - jamasj - Asmat (famille de la...

Description analytique

Grande et longue plaque de bois de forme oblongue dont le bas est relativement plat. On note divers motifs sculptés en bas-relief. La teinture est blanche sur le fond et rouge à l'intérieur du creux des motifs, tandis que le tour du bouclier et des motifs sont noirs. La pointe n'a pas été sculptée, mais peinte d'une croix noire, tandis que les triangles délimités par la croix sont rouges verticalement et blancs horizontalement. L'arrière est de surface plane et non teinté avec une poignée située vers le milieu, côté inférieur.

Fonctionnement et contexte

Catalogue: "L'art Asmat au musée de Nouvelle Calédonie" MNC 1999. Les boucliers de guerre sont les sculptures qui marquent le mieux la distinction entre les différentes régions stylistiques. Neuf critères permettent de déterminer la région de provenance du bouclier : 1. la forme du bouclier 2. les motifs qui forment la décoration du devant 3. la mesure de la symétrie dans l'ornementation 4. l'utilisation de l'espace dans l'ornementation 5. les types de bordures 6. la présence de sculpture en haut du bouclier 7. les couleurs utilisées 8. la profondeur du motif sculpté 9. l'ornementation au dos du bouclier Affaire de non-spécialiste, la fabrication du bouclier peut prendre deux à quatre semaines avant la fête des boucliers. Tout homme doit être capable de réaliser le sien. Il creuse à l'herminette, dans le contrefort de la racine de l'arbre choisi (variété de palétuvier), une planche grossière d'environ deux mètres de long et un mètre de large. Après avoir affiné et réduit les imperfections de la planche, lui seul décide de l'ornementation qui décorera le bouclier. Les motifs, reproduits de mémoire, diffèrent selon les régions. Simples ou composites, ils revêtent une signification symbolique précise qui n'est pas toujours facile à identifier. Les sujets représentés sont souvent des éléments naturels : animaux variés (opossum, chauve-souris etc.), insectes, traces d'insectes, vagues, ornements de nez, coquillages, motifs floraux abstraits et parfois anthropomorphiques, tous plus ou moins stylisés. Armes de protection dans les combats, les boucliers devaient être légers pour permettre un déplacement rapide et suffisamment grands de manière à couvrir le corps entier du guerrier. Au cours d'une bataille, l'utilisation du bouclier intervenait après les premières approches d'intimidation effectuées par le guerrier : agitation des lances, déplacement par bonds sur le côté, menaces verbales et incantations. L'exhibition de leurs boucliers symboles de leur puissance, leur agitation par la suite, accentuée par le rythme saccadé de leurs mouvements terrifiaient l'ennemi. Cette étape de l'intimidation était le prélude au combat d'homme à homme proprement dit, avec jet de lances, projections de flèches, échanges de coups etc. Le bouclier apparaît comme un support de message guerrier face à l'ennemi. Par son décor et ses motifs, il annonce à l'adversaire l'identité de son porteur et affirme sa détermination. Porteur de la puissance invisible de ses ancêtres, il lui est indispensable pour remporter la bataille. Ainsi, à l'époque où le rite de la chasse aux têtes avait encore cours, un guerrier Asmat pouvait quelquefois aller au combat seulement avec son bouclier, confiant en la puissance évocatrice de ses symboles terrifiants pour accabler, voire écraser l'ennemi. La durée de vie d'un bouclier pouvait atteindre une centaine d'année, car en temps de paix il était accroché dans la maison des hommes (yeu) ou chez son propriétaire et ainsi il était protégé des insectes par la fumée du foyer. Lorsqu'un nouveau conflit se préparait, on le ressortait pour le nettoyer et raviver ses couleurs.

Exposition

Exposition permanente Musée de Nouvelle-Calédonie
"l'Art Asmat au MTNC" Musée de Nouvelle-Calédonie 04/11/1998 02/02/1999

Bibliographie

Les Nlles Calédo. Fiches Culture du CocoTV 2007 ; Coco TV N°604 - 29 sept au 5 oct 2007
Calendrier du musée de NC année 2000 ; Mois d'avril
"Art Asmat. Collections du Musée Territorial de Nouvelle-Calédonie" ; Photo de David Becker, Page 32

Date d'entrée / prise en charge du bien :

01/10/1998