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Poterie tradition de Plum (anse) - Poterie tradi...

Désignation

Poterie tradition de Plum (anse)

Lieu :

Province Sud

Epoque, datation :

Période de Naïa (1er millénaire ap. J.C.)

Matière et technique

Terre cuite décorée ; Céramique (technique)

Mesures

Longueur en cm : 13.5 ; Largeur en cm : 9.3 ; Hauteur en cm : 4.3

Identification

MNC 86.9.145

Description :

Anse de poterie en terre cuite de forme plate, non décrite parmi la série énoncée par Luc Chevalier dans son article.

Fonctionnement et contexte

D'après CHEVALIER, Luc "les élements de préhension de la poterie Calédonienne" (Journal de la Société des Etudes Mélanésiennes de 1966-70, N°21 à 25 , pp.45-54). Dans la description de la technique utilisée par les femmes-potiers néo-calédoniennes, M. Leenhardt précise que lorsque le pot est terminé, la femme-potier utilisant le manche pointu de la spatule, « percera alors quatre trous ou quatre paires de trous en prévision d'une liane pour suspendre la marmite » . Toutes les poteries mélanésiennes classiques, qu'elles soient fragmentées ou entières, portent au col plusieurs trous dans lesquels des liens (liane ou cordelettes de fibre de coco tressées) étaient passés. Ainsi la marmite pouvait être suspendue soit pour petit déplacement ou transport, soit pour être simplement accrochée. Ces liens étaient retirés lorsque la marmite était sur le feu. Or, les sites archéologiques de Nouvelle-Calédonie offrent, en particulier sur la côte Ouest, des éléments de préhension de poteries mêlés aux autres éléments composant ces sites (tessons divers, déchets de cuisine, pierres de foyer, objets lithiques etc...). C'est Glaumont (1889-10 et 1895) qui signale pour la première fois un fragment d'anse extrait des alluvions de la Néra, à 6 m. de profondeur. Plus tard d'autres fragments d'anses sont trouvés en divers points du Territoire (Durand, Sarasin, Bonnemère). Mais peu d'importance est donné à ces différentes découvertes et les « poteries à anses » ne semblent pas avoir aiguisé la curiosité des premiers auteurs, peut-être les considéraient-ils comme simple poterie canaque. (…) Archéologues, ethnologues, amateurs intéressés par les poteries calédoniennes s'aperçoivent rapidement, par un examen plus précis des sites, de la présence de plus en plus fréquente d'éléments de préhension de poterie. On les trouve indifféremment à la surface du sol ou sous terre à une profondeur variable (0m 10 à 4m.) associés aussi bien aux tessons de poterie mélanésienne classique qu'aux tessons de site Lapita. Il semble, pour le moment du moins, que la zone géographique la plus importante se situe sur la côte Ouest de Tiaré à Poya. On en trouve aussi ailleurs (Ouémo, Tiwaka, Négropo, Diahot), mais plus rarement. Ce ne sont toujours que des anses ou des fragments d'anse, jamais de poterie entière avec ses anses. ELEMENTS DE PREHENSION Les éléments de préhension de poterie que l'on trouve en Nouvelle-Calédonie comprennent : A) - Formes simples : 1°) Les anses rondes de section circulaire pour lesquelles la courbure peut varier de 10 à 20 cm. de long et le diamètre de 1 à 5 cm. (fig. 1) et fixées horizontalement. 2°) Les anses rondes de section ovale (longueur 10cm, hauteur 5cm. épaisseur 1cm.) à attache horizontale (fig. 2). B) - Formes composites : 1°) Les anses à section nervurée (longueur 10 cm., hauteur 4 cm.). Il s'agit d'anse composée de 2 ou 3 boudins de diamètre réduit qui ont été placés les uns au-dessus des autres et liés entre eux avec de l'argile avant fixation sur le pot et avant cuisson (fig. 3). A ces trois catégories d'anses décrites par Avias (1950), il convient d'ajouter trois nouveaux éléments que nous avons trouvés sur la côte Ouest : 2°) Les anses rectangulaires (alluvions de la Moindou) (fig. 4) de section plus ou moins circulaire, 3 à 4 cm. de diamètre et 20 cm. de longueur. Cette anse est composée de trois parties : les deux premières formées de 2 éléments cylindriques partant obliquement du pot lui-même sur une longueur de 4 cm. La troisième partie est un élément toujours de même section, de forme légèrement courbe qui réunit les deux premières parties sur une longueur de 10 cm. et formant avec eux un angle de 1200. Le point de fixation entre les trois parties montre un épaulement résultant du collage après application de l'élément du milieu. 3°) Les oreilles (embouchure de la Ouenghi — alluvion de la Moindou) (fig. 5). Affectant généralement la forme d'un « bec de rapace », ces éléments ne dépassent pas 5 cm. de long. Le spécimen trouvé à l'embouchure de la Ouenghi est de section circulaire sur toute la longueur de la courbe (2 cm. 5 au départ et 1 cm. 3 sur le fin). La courbe qui se referme laisse néanmoins apparaître un jour (fig. 5 b). L'oreille trouvée à Moindou est de section variable sur toute la longueur de la courbe et ne laisse pas de jour. La forme de cet élément rappelle étonnamment celle des nez papous de certains masques calédoniens (fig. 5 a). 4°) Les Boutons (fig. 6) élément cylindrique dressé soit surmonté d'un champignon en deuxième application, soit se terminant par un évasement. Fixation des Anses. L'examen détaillé de nombreux échantillons permet de suggérer la méthode qui a été suivie pour la fixation des anses : la marmite faite à la grandeur voulue, l'anse est façonnée séparément à partir d'un colombin courbé. A l'emplacement prévu, des trous du diamètre de l'anse sont pratiqués de part et d'autre du pot. L'anse est mise en place, les parties de l'anse débordant à l'intérieur du pot sont écrasées, étalées, « rivées », en quelque sorte, sur le pot lui-même (fig. 7). A l'extérieur, aux points de jonction de l'anse et du pot, une seconde application de glaise est faite pour consolider la fixation, l'harmoniser avec l'ensemble de la courbe de l'anse et du pot dont la cuisson est ensuite assurée. Seules des anses complètes ou des fragments d'anses sont trouvés assez fréquemment et ces récoltes sont insuffisantes pour nous donner une idée de la forme générale de la marmite. Les galbes des fragments et leur épaisseur indiquent seulement des récipients de grandes dimensions. Une autre question se pose : étant donné la position stratigraphique très variable de ces fragments, étant donné l'absence jusqu'à présent de renseignements dans la tradition mélanésienne sur les poteries à anse, étant donné que la fabrication des poteries à anse semble avoir été arrêtée depuis très longtemps, avons-nous affaire avec ces poteries à anse, à des poteries mélanésiennes ou à des poteries d'une autre culture ? La poterie à Anse, poterie mélanésienne. La réponse vient d'être donnée par la découverte d'un site à poterie à anse dans la baie de Plum, par MM. Jean-Claude Mary et Launay sur le lotissement Mary. Sur un petit éperon de formation gabbroïque séparant deux ruisseaux, apparaît un amoncellement assez plat de blocs de gabbros de forme générale allongés. Juste en bordure Ouest de l'amoncellement, une poterie à anse entière (fig. 8) en compagnie de gros coquillages porte-monte cassés. A 2 m., un second pot à anse fragmenté en gros tessons. Au Sud de l'amoncellement, une grande quantité de petit tesson d'une troisième poterie dont un gros élément est muni d'un bouton (fig. 6 c). Les blocs de gabbro dégagés du sommet de l'amoncellement on retrouve des fragments de poterie à anse, des coquillages porte-montre, valves de bénitier et un fragment de hache ostensoir en carbonate de chaux couleur lie de vin. Les poteries se situent donc dans un contexte typiquement mélanésien et l'étude détaillée des poteries les incorpore indiscutablement à ce contexte. (...) La poterie à anse calédonienne est donc bien dans ses matériaux de fabrication, dans le contexte où elle a été trouvée et par sa décoration une poterie mélanésienne dont la fabrication a été arrêtée, perdue peut-être il y a très longtemps car il n'a pas été enregistré à notre connaissance, de traditions parlant de la poterie à anse. Il est difficile d'imaginer les causes de l'arrêt ou de la perte de la technique des anses, mais savoir maintenant que la poterie à anse de Nouvelle-Calédonie est une poterie mélanésienne est un élément important qui manquait au tableau de la poterie canaque.