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Coiffe de mariée - Coiffe - Ornementation de la ...

Description analytique

Tressage d'éclisses de bambou très serré sur lequel sont accrochées des décorations de parchemin et de carton peintes en rouge et/ ou dorées ainsi que des ronds en relief contenant des morceaux de miroir. Le dessus de la coiffe est aussi recouvert de ce qui semble être des cheveux humains

Fonctionnement et contexte

A Bali, la cérémonie de mariage se présente avant tout comme un repas entre les deux familles du marié et de la mariée. Il n'y a ni dot, ni prestation matrimoniale comme dans d'autres sociétés d'Indonésie et d'Océanie. Selon le rang et la fortune des nouveaux conjoints, on donnera seulement plus ou moins de lustre au festin. Conformément à son système statutaire dérivé du système indien des castes, la culture balinaise distingue en effet trois catégories de cérémonies (upakara): les grandes (utama), les moyennes (madhia) et les petites (nista). Dans les premières et les secondes, les mariés revêtent très souvent des costumes d'apparat qui les identifient tout à la fois aux souverains de l'antiquité mythologique et à certains dieux - ce qui explique que la coiffure d'homme, plus probablement que de femme, conservée au Musée de Nouvelle-Calédonie présente des analogies avec la coiffe du masque du roi Dalem, gelungan lelingsiran conservée au Musée du Quai Branly de Paris. En fait, selon la tradition balinaise, le but du mariage est de permettre, tout en l'encadrant, l'expression de l'amour, conçu comme un idéal et le facteur sous-jacent de l'harmonie sociale et de l'ordre cosmique. Par leur union, les mariés répètent le geste primordial des divinités et des ancêtres dont ils sont une réincarnation. Ils deviennent une seule et même entité participant à la vie de Sang Hyang Widhi Wasa, un des grands dieux balinais, de condition androgyne. Le mariage est ainsi perçu comme une fusion absolue, symbole d'élévation spirituelle, de complétude physique et psychique, permettant d'accéder au divin. Le couple est un petit monde (buana alit), dans le grand monde (buana agung). Ce souci d'harmonie comme les correspondances qu'il suppose entre ordre social et ordre cosmique se retrouvent dans les choix des matériaux parfois modestes et le soin apporté à la réalisation des vêtements d'apparat portés le jour du mariage: cuir découpé et doré, carton peint, cheveux humains, miroirs, pierres, coquillages, cotonnades... Il s'agit de conférer aux mariés un aspect le plus éblouissant possible, à l'égale des déités que leur amour rend concrètement présentes (re-présentent) le jour des noces. Texte de Patrice Godin, écrit pour les "Inédits du musée" en août 2011.

Exposition

"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2011 Musée de Nouvelle-Calédonie 02/03/2011 30/05/2012

Date d'entrée / prise en charge du bien :

12/12/2007