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Jupe - Vêtements habits

Désignation

Jupe

Création/Exécution

Trobriand Islands / Iles Trobriand
Milne Bay
Papua Region, PNG
Papouasie Nouvelle-Guinée : Pays

Matière et technique

Bananier: fibres d'écorce (Musa sp. - Musacée) ; Tressage - Vannerie
Pandanus: feuille (Pandanus tectorius- Pandanacée) ; Découpé ; Séché ; Assemblé (composite)
Teinture indéterminée ; Teinté
Ficelle synthétique ; Noué(e)s

Mesures

Largeur en cm : 84 ; Hauteur en cm : 40 ; Poids (en g) : 500
B.S. Longueur maximum : 82 ; B.S. largeur maximum : 44 ; B.S. Hauteur maximum : 5

Numéro d'inventaire :

MNC 2000.6.6

Description analytique

Jupe de femme rectangulaire formée de nombreuses couches de fibres de bananier, attachées à la taille. Les fibres sont laissées de couleur naturelle vers l'intérieur, et sont teintes en rouge et en rose, et coupées en rectangle vers l'extérieur. L'extérieur de la jupe est décoré sur le quart supérieur d'une série de rectangles de fibres teints en rose-rouge, en jaune et en violet, séparés par des bandes de pandanus découpées, qui forment également la couche supérieure de la décoration.

Fonctionnement et contexte

En Mélanésie, dans les sociétés insulaires, s’offrent et s’échangent encore des objets ouvragés, spécialement ornementés, des plus précieux et des plus prestigieux. Ils constituent des biens personnels que les femmes et les hommes se doivent de posséder et reproduire. Ces attributs féminins et masculins sont présents au cœur des offrandes rituelles exhibées lors des cérémonies. La valeur de ces objets n'est ni utilitaire, ni décorative, mais hautement cérémonielle et symbolique, d’un luxe ostentatoire et votif. Monnaies ou sceaux, ils sont essentiels et accompagnent les dons et les contre-dons, « coutumiers » des évènements majeurs liant entre eux des groupes sociaux, ou clans. Aux îles Trobriand, les cérémonies funéraires mettent en exergue une singularité exceptionnelle de la femme dans la société. Lorsqu’un décès survient dans leur lignage maternel, les femmes ont en charge les rituels des funérailles, sagali. Le point d’orgue du protocole est la levée de deuil, qui survient dans une exubérance de richesse, de virtuosité et de talents féminins. Elles vont mettre un point d’honneur à s’acquitter de leur fonction de maîtresses de cérémonie : elles sont sur le point d’offrir leurs plus belles richesses, les doba. Le terme doba s’applique à deux types d’objets : des jupes de fibres colorées et des bottes de bandelettes battues* (autrement appelées, kudukudu) fabriquées toutes deux à partir de feuilles de bananier, manuga. Les femmes les amassent au long de leur vie adulte, du fait de leurs productions personnelles ou par acquisition auprès d’un tiers en échange d’ignames que leurs pères, maris ou frères leur ont donné. On accepte aussi de les céder contre du tabac, des friandises ou du poisson. Posséder ces richesses est une condition sine qua non pour être une femme épanouie et accomplie selon la norme sociale trobriandaise. Distribuant ainsi en quantités impressionnantes leurs doba, les femmes, en leur qualité de sœurs, mères ou filles, permettent aux défunts de leur lignage (frère ou sœur, ou fils ou fille) de quitter le monde des humains pour prendre place aux côtés des ancêtres maternels et à renaître par l’intermédiaire de ces échanges. Seules les femmes peuvent transformer ce qui est « sale » (des vieilles bottes de feuilles) en ce qui est « propre » et beau (des jupes). Le veuf ou la veuve et le père du défunt ne seront lavés symboliquement de la « souillure » du deuil qu’au moment où ces femmes leurs enlèveront les bandeaux funéraires qu’ils ont portés autour du cou et leur offriront des jupes. Les femmes participent aussi en offrant ces richesses pour d’autres occasions de la vie sociale, mais dans un rôle sans commune mesure. Texte écrit pour "les inédits du musée" du mois d'août 2017 d'un objet similaire.

Exposition

"Yam" ADCK / Centre Culturel Tjibaou 30/04/2016 24/07/2016
"Arts de l'échange en Océanie" Musée de Nouvelle-Calédonie 07/02/2001 27/05/2001
"Vêtements" organisé par le COFAP Musée de Nouvelle-Calédonie 29/10/2000 03/11/2000

Bibliographie

"Arts de l'échange en Océanie" MNC 2001 ; p.28 Photo E Bua

Date d'entrée / prise en charge du bien :

17/08/2000