Retour à la recherche

Jupe de danse - Jupe - Vêtements habits - mada -...

Description analytique

Jupe constituée de longs brins de liber de bourao (Hibiscus tiliaceus), noués sur une longue et épaisse tresse de fibres de bourao. Au niveau de la ceinture, les franges de bourao sont liées par des noeuds coulants à la ceinture, puis sont nouées entre elles, deux à deux et alternativement, avec une technique de tressage semblable à celle du filet de pêche, en formant des mailles sur plusieurs centimètres. Le reste des franges est laissé libre.

Fonctionnement et contexte

Alors que les jupes, en tant que vêtement de tous les jours, étaient autrefois portées court exclusivement par les femmes, les jupes de danse, « coo » en paicî (langue de Ponérihouen-Poindimié à l’est et de Koné-Poya à l’ouest), sont plus longues. Elles sont, encore aujourd’hui, portées aussi bien par les hommes que par les femmes pour l’exécution des danses traditionnelles. Elles sont constituées de longs brins de liber de bourao (Hibiscus tiliaceus), de pandanus ou de jonc nouées sur une longue et épaisse tresse de fibres de bourao. Ces jupes de danse sont portées spécialement pour les fêtes et grandes cérémonies coutumières dites « némwâbwêê » en langue a’jië ou plus communément « pilou », se terminant par la danse en rond, au rythme des battoirs et des chants aé aé, autour du mât de danse « karö yöö ». Des danses qui, dans les temps anciens, duraient toute une nuit jusqu’au lever du jour. Aujourd’hui, ces jupes sont fréquemment portées pour des prestations de danses traditionnelles, lors de manifestations culturelles. Attachées autour des hanches des danseurs ou danseuses, ces parures longues et régulières, permettent aux spectateurs d’admirer la fluidité des mouvements des corps amplifiée par le balancement des fibres végétales suivant la cadence donnée par le maître de la danse. (D'après l'exposition "Dawa, rythmer la cadence" au Musée de Nouvelle-Calédonie 17/06 au 17/08/2015). Voir également MWA VEE, trimestriel - Septembre 1994 (n°6). L'art des femmes Kanak, p. 45.

Exposition

Exposition permanente Musée de Nouvelle-Calédonie ; Texte d'introduction à l'exposition EXPOSITION « DAWA » "La musique kanak, rythme et cadence de nos anciens, s’est imprégnée du mythe, de la tradition, de la structure sociale de l’individu sur son tertre. Elle met en évidence tous les aspects de l’être humain alliant techniques, matières, émotions, aussi diverses soient-elles à travers des règles et des codes originaux. La musique reste une passerelle entre le tangible et l’intangible, l’individuel et le pluriel, le temporel et l’intemporel, l’originel et l’universel. « Dawa » signifiant rythmer, frapper ou battre la cadence, est un terme de la région de Houaïlou qui évoque fortement cette relation mystique, mettant en avant la relation de l’homme avec son corps, ses sens et son environnement. Par le biais de cette exposition temporaire consacrée aux instruments de musique traditionnels kanak, le musée de Nouvelle-Calédonie vous invite à découvrir ou redécouvrir les rythmes, les sons, les objets qui œuvrent dans la représentation de l’espace et du temps. Tout un chacun peut ainsi découvrir et participer à sa manière à la création de cadences par le biais d’instruments pédagogiques mis à disposition. L’objet muséifié est ainsi sorti de sa vitrine pour permettre cette relation à la musique. Jouons et dansons ensemble pour que les émotions que crée la musique puissent encore rayonner entre les générations."
"Dawa, rythmer la cadence" Musée de Nouvelle-Calédonie 17/06/2015 17/08/2015

Bibliographie

"La coutume kanak et ses institutions" CDPNC 2016 ; 101 mots pour comprendre La coutume kanak et ses institutions. Apparaît p.130 sans mention du photographe

Date d'entrée / prise en charge du bien :

21/07/1994