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Bambou gravé - Art et techniques


Description :

MNC 86.5.612, origine inconnue. Le thème principal des gravures pourrait être l’organisation d’une fête ou d’une cérémonie dans la région centre sud de la Grande Terre, si l’on se fie aux styles des flèches faîtières qui correspondent à cette région. Les tas de vivres sont disposés dans l’allée centrale. Ce qui est étonnant ici est que la grande case est représentée avec deux poteaux centraux. Il est possible que la case soit déjà ancienne et qu’il ait fallu la consolider avec un nouveau poteau parce qu’elle menaçait de s’effondrer. Les toits des grandes cases étaient très exposés aux intempéries et il arrivait que la toiture soit complètement « désaxée » après le passage de vents violents. Il se peut également que ces deux poteaux représentent une chefferie duelle, comme celle partagée entre Kake Hwêsü et Jarimwê (Gélima) dans la région de Canala dans les années 1860 ou entre Xutu et Xutape dans la région de Voh (Cf. Guiart). Ou alors s’agit-il d’un style de construction ancien. Les cases pouvaient être également construites avec un ou plusieurs hauts poteaux en leur centre, jusqu’à quatre pour la case du grand chef Gélima à Canala et à Pothé (Bourail) (Sarasin, 1929).

Fonctionnement et contexte

Le bambou gravé était utilisé d'abord comme bâton de voyage. On y introduisait des herbes magiques qui permettaient de se protéger et de se soulager de la fatigue du voyage. Il est difficile de dire si les bambous gravés correspondent à une tradition reculée. Ils sont signalés dans les écrits dès la fin du 18ème siècle et tous ceux que nous connaissons aujourd'hui ont été collectés entre 1850 et 1920. (la matière des bambous est fragile, ils se fragmentent en se desséchant et s'effritent, les vers de bois les rongent..). Le bambou (qui entre dans la fabrication d'objets très variés) est aussi un support de langage. Les décors retracent des scènes de la vie quotidienne: pêche, chasse et travaux des champs ou des cérémonies coutumières et événements marquants: marchés traditionnels, deuils, mariages ou guerres. On y trouve aussi des éléments évoquant les contacts avec les premiers européens: chevaux, bateaux, fusils, maisons coloniales, soldats, hommes et femmes européens. Le trait , souvent d'une grande finesse, est obtenu pour les plus anciens bambous gravés avec des outils rudimentaires mais parfaitement adaptés au caractère ligneux du support: morceaux de quartz, extrémités de pinces de crustacés emmanchés ou canifs. Lorsque le travail est terminé, l'artiste enduit le décor de suie ou d'une graisse dont la couleur noire est obtenue par la carbonisation de la noix de bancoule. Le mélange s'incruste dans les lignes et une fois le bambou essuyé, seule la couleur marque la gravure.

Exposition

Exposition permanente Musée de Nouvelle-Calédonie
"Entrevues sur Bambous kanak" Musée de Nouvelle-Calédonie 27/03/2010 04/10/2010

Référence bibliographique :

"Les arts kanak d'hier et d'aujourd'hui" OPT 2012
"Entre-vues sur Bambous kanak. De Genève à Nouméa" MNC 2010