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Monnaie d'échange kula - Monnaie d'échange - Ech...


Description :

Un bracelet de coquillage taillé et poli dans un cône (Conus sp.), auquel sont attachés 7 coquillages porcelaines de type Ovula sp., positionnées en éventail autour du Cône. Au-dessus de chaque porcelaine se trouve attachée une autre petite porcelaine Cypraea sp. Les porcelaines Ovula sont recouvertes sur un côté d'un tissage multicolore de perles de verre. Un cordage en Nylon de navigation est passé dans le bracelet en cône.

Inscriptions / marques

Prix ; Anglais ; en noir, à moitié effacé, probablement réalisé au feutre, situé sous le cône ; Dessous ; KIN-70

Fonctionnement et contexte

Les bracelets de coquillages (mwali) forment avec les colliers (soulava) les deux types d'objets majeurs d’un des systèmes d'échanges les plus célèbres du nord de la Mélanésie. Décrit en détail pour la première fois par l’anthropologue Bronislaw Malinowski qui séjourna aux îles Trobriand au début du XXe siècle, ce système porte le nom de Kula et est encore pratiqué aujourd’hui dans la région du Massim, à l'est de la Nouvelle-Guinée, par des communautés dispersées sur une vingtaine d’îles, ne parlant pas la même langue, n’ayant pas la même culture. Objets sans valeur économique ni utilité intrinsèque, les bracelets de coquillages (mwali) ici présentés, tout comme les colliers (soulava), n’ont d’autre fonction que d’être échangés entre des hommes à la recherche d’une renommée et d’un prestige social qui, dépassant les frontières de leurs communautés locales, viennent par contrecoup apporter à celles-ci la puissance et l’autorité nécessaires au renouvellement de la vie et des liens sociaux. A l’instar des hommes, chaque objet kula a un nom propre, qui lui confère une identité personnelle et une valeur spécifique qui augmente avec l’ancienneté, l’importance des voyages qu’il a accomplis et la réputation de ceux qui l’ont provisoirement détenu au fil des âges. Dans un tel système, si les hommes donnent des noms aux biens précieux et acquièrent du renom par le biais de leur circulation régionale, inversement ces biens acquièrent de la valeur par le nombre et la réputation de ceux qui les ont reçus et donnés. Echangés les uns contre les autres, dans des cycles de circulation de sens contraires, bracelets et colliers véhiculent ainsi les fragments d’une histoire où chaque communauté locale voit sa notoriété indissolublement liée au destin fluctuant de ses grands hommes. Patrice Godin pour les "inédits du musée" du mois de juillet 2012.

Exposition

"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2012 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/05/2012 31/12/2012

Date d'entrée / prise en charge du bien :

29/04/2008