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Peigne en bambou - Peigne - Ornementation de la ...

Description analytique

Peigne en bambou sculpté de treize dents émergeant d'un rectangle, sur lequel figure une fine gravure représentant des lignes verticales parallèles ainsi qu'une série de sept triangles emplis également de lignes parallèles. Les motifs ont été noircis à la suie de noix de bancoule.

Fonctionnement et contexte

Ce peigne faisait partie de la collection d’Édouard Bergé (1898-1973), né en Nouvelle-Calédonie, ami des artistes et collectionneur d’objets calédoniens. Ainsi que le raconte Patrick O'Reilly dans la nécrologie parue dans le Journal de la Société des Océanistes en 1974, Édouard Bergé a vécu en Calédonie jusqu’à la mort de son père, fonctionnaire des douanes, en 1912. Engagé volontaire en 1915, à 17 ans, il gagne la Croix de Guerre à Verdun où il sera gazé. À la Seconde Guerre mondiale, il sera mobilisé dans le Génie et en reviendra avec une nouvelle citation. Il sera le fondateur d'un Cabinet d'Assurance, mais sa vie tournera autour de ses amitiés avec les artistes. Il sera particulièrement proche des Mascart, peintres calédoniens, car il conserve toute sa vie pour son île natale un grand attachement sentimental. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, lors du passage à Paris du Bataillon du Pacifique, qui, de retour de Bir-Hakeim et de Monte Cassino, attend, grelottant et désemparé, son rapatriement, il découvre ces exilés dans les casernements où ils vivent à couteaux tirés avec les Tahitiens, et les regroupe, leur ouvre sa maison, leur organise des sorties correspondant à leurs intérêts des monuments de Paris aux exploitations agricoles ou maraîchères de la grande banlieue et aussi des séances de cinéma, de théâtre. Quelques temps après qu'ils eurent regagné la Grande Terre, Edouard Bergé fut surpris d'apprendre qu'un Édouard Berge Braino était né au Petit Couli et qu'on le priait d'en devenir le parrain… Le grand chef Braino Cyprien disait ainsi son merci de l’accueil reçu en des jours difficiles... Les peignes traditionnels kanak sont confectionnés selon deux techniques différentes. Ils peuvent être taillés dans un morceau de bois ou de bambou ou composés de petits bâtonnets reliés à leur extrémité supérieure. Leur décor est souvent incisé, parfois ajouré. Ils servent à la fois comme démêloirs et comme objets de parure. Cet objet a été acheté en vente publique en 2014 et fait partie d'un lot de quatre peignes de l'ex-collection Bergé (MNC 2014.8.9, MNC 2014.8.7, MNC 2014.8.8).