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Bouclier - Armes - jamasj - Asmat (famille de la...

Désignation

Bouclier
jamasj
Objet de curios / fabriqué pour la vente

Lieu :

Asmat (région du peuple), centre
Province de Papua (Papouasie occidentale)
Indonésie : Pays

Matière et technique

Bois indéterminé (xylème) ; Sculpté
Pigment blanc prob. d'origine minérale (calcaire) ; Polychromie
Pigment noir prob. d'origine végétale (carbone) ; Polychromie
Pigment noir prob. d'origine végétale (carbone) ; Polychromie
fibres d'agave/ bois indéterminé ; Assemblé (composite)

Mesures

Hauteur maximale en cm : 168 ; Largeur en cm : 71 ; Epaisseur maximale en cm : 7 ; Hauteur en cm : 32 (personnage sculpté)

Identification

MNC 98.9.2

Description :

Plaque de bois monoxyle presque rectangulaire gravée en creux de motifs décoratifs peints d'ocre rouge sur un fond blanc. Comporte dans sa partie haute la sculpture en relief d'un personnage se tenant bras et jambes écartées, au corps blanc creusé de motifs rouges. 4 pompons de fibres végétales sont accrochés verticalement, de chaque côté. Le dos n'est pas sculpté mais comporte une poignée en relief et des motifs peints en losange.

Fonctionnement et contexte

Catalogue: "L'art Asmat au musée de Nouvelle Calédonie" MNC 1999. Les boucliers de guerre sont les sculptures qui marquent le mieux la distinction entre les différentes régions stylistiques. Neuf critères permettent de déterminer la région de provenance du bouclier : 1. la forme du bouclier 2. les motifs qui forment la décoration du devant 3. la mesure de la symétrie dans l'ornementation 4. l'utilisation de l'espace dans l'ornementation 5. les types de bordures 6. la présence de sculpture en haut du bouclier 7. les couleurs utilisées 8. la profondeur du motif sculpté 9. l'ornementation au dos du bouclier Affaire de non-spécialiste, la fabrication du bouclier peut prendre deux à quatre semaines avant la fête des boucliers. Tout homme doit être capable de réaliser le sien. Il creuse à l'herminette, dans le contrefort de la racine de l'arbre choisi (variété de palétuvier), une planche grossière d'environ deux mètres de long et un mètre de large. Après avoir affiné et réduit les imperfections de la planche, lui seul décide de l'ornementation qui décorera le bouclier. Les motifs, reproduits de mémoire, diffèrent selon les régions. Simples ou composites, ils revêtent une signification symbolique précise qui n'est pas toujours facile à identifier. Les sujets représentés sont souvent des éléments naturels : animaux variés (opossum, chauve-souris etc.), insectes, traces d'insectes, vagues, ornements de nez, coquillages, motifs floraux abstraits et parfois anthropomorphiques, tous plus ou moins stylisés. Armes de protection dans les combats, les boucliers devaient être légers pour permettre un déplacement rapide et suffisamment grands de manière à couvrir le corps entier du guerrier. Au cours d'une bataille, l'utilisation du bouclier intervenait après les premières approches d'intimidation effectuées par le guerrier : agitation des lances, déplacement par bonds sur le côté, menaces verbales et incantations. L'exhibition de leurs boucliers symboles de leur puissance, leur agitation par la suite, accentuée par le rythme saccadé de leurs mouvements terrifiaient l'ennemi. Cette étape de l'intimidation était le prélude au combat d'homme à homme proprement dit, avec jet de lances, projections de flèches, échanges de coups etc. Le bouclier apparaît comme un support de message guerrier face à l'ennemi. Par son décor et ses motifs, il annonce à l'adversaire l'identité de son porteur et affirme sa détermination. Porteur de la puissance invisible de ses ancêtres, il lui est indispensable pour remporter la bataille. Ainsi, à l'époque où le rite de la chasse aux têtes avait encore cours, un guerrier Asmat pouvait quelquefois aller au combat seulement avec son bouclier, confiant en la puissance évocatrice de ses symboles terrifiants pour accabler, voire écraser l'ennemi. La durée de vie d'un bouclier pouvait atteindre une centaine d'année, car en temps de paix il était accroché dans la maison des hommes (yeu) ou chez son propriétaire et ainsi il était protégé des insectes par la fumée du foyer. Lorsqu'un nouveau conflit se préparait, on le ressortait pour le nettoyer et raviver ses couleurs.

Exposition

"Dialogues d’Outre-monde. Résonnances kanak autour d’Annonciation" ADCK / Centre Culturel Tjibaou 26/06/2012 30/09/2012
"l'Art Asmat au MTNC" Musée de Nouvelle-Calédonie 04/11/1998 02/02/1999

Référence bibliographique :

"Dialogues d’Outre-monde. Résonances kanak autour d’Annonciation"
Mwà Véé, revue culturelle kanak éditée par l'ADCK
"Art Asmat. Collections du Musée Territorial de Nouvelle-Calédonie"

Date d'entrée / prise en charge du bien :

23/09/1998