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Pelle démontable (grande) - Pelle - Outil agrair...

Désignation

Pelle démontable (grande)

Lieu :

Poyes (District coutumier)
Touho (commune)
Nouvelle-Calédonie : Pays
Paici Camuki : Aire coutumière

Matière et technique

Bois indéterminé (xylème) ; Sculpté
fibres d'agave/ bois indéterminé ; Tressage - Vannerie

Mesures

Longueur en cm : 240 ; Diamètre en cm : 4 (manche) ; Largeur en cm : 22.5 (pelle) ; Epaisseur en cm : 4 (pelle)

Identification

MNC 86.5.425

Description :

La pelle est constituée de deux parties distinctes reliées entre elles par une corde de fibres de coco tressées : le manche et la pelle en spatule. La spatule est de forme ogivale. Les pointes de l'ogive sont soulignées d'un rebord plat et donnent naissance à un petit manche carré. Le manche rond est à peine dégrossi. A sa partie inférieure il porte un méplat aux dimensions de celui du petit manche auquel il est fixé par une ligature de fibres de coco tressées garnissant les méplats sur toute leur longueur.

Fonctionnement et contexte

En Océanie, le travail de la terre n’est pas désigné par le terme agriculture mais par celui d’horticulture, de hortus le jardin latin, renvoyant ainsi à un art des jardins et non à une production intensive en champ. Pour Jacques Barrau († 1997), agronome, enfant du pays qui dirigea le Muséum national d’histoire naturelle de Paris et André-Georges Haudricourt († 1997), linguiste et botaniste, tous deux spécialistes de la Nouvelle-Calédonie, seul ce terme était à même de rendre compte de la complexité et de l’attention portée aux jardins dans les pays du Pacifique. Les kanak ont, au fil du temps, perfectionné leurs techniques culturales. De l'agriculture itinérante sur brûlis aux différents types de culture que nous pouvons observer aujourd'hui, ils ont développé un véritable art de cultiver la terre. Utilisant les plaines alluvionnaires comme les flancs de collines ou encore des parcelles de forêts, ils pouvaient réaliser d'importants travaux d'aménagement des sols avec des systèmes d'irrigation ou au contraire de protection contre les excès d'eau selon la destination du champ. Avant l'apparition des pelles, pioches et barres à mine, l'outillage agraire kanak se composait essentiellement de pelles et de pieux de bois dur et de gourdins. La pelle pouvait s'utiliser telle quelle ou rallongée par adjonction d'un long manche pour les travaux de labour de terrassement et d'édification des billons d’ignames. Maurice Leenardt avait noté l'utilisation particulière de la pelle, utilisée jusque dans les années 1950: « la femme, à genoux, tient la spatule des deux mains, l'enfonce dans la terre meuble et ramène celle-ci. L'homme, debout, soutient passivement le manche et semble plus équilibrer que renforcer le mouvement de la femme à ses pieds ».

Exposition

Exposition permanente Musée de Nouvelle-Calédonie

Référence bibliographique :

"Notes d'ethnologie néo-calédonienne" 1930
"Musée de Nouméa: Guide" 1975