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Pot à tabac et couvercle - Objets liés au tabac ...

Désignation

Pot à tabac et couvercle

Lieu :

Nouméa (commune)

Auteur :

Henry Lucien-Félix En savoir plus

Nom : Henry
Prénom : Lucien-Félix

Matière et technique

Terre cuite décorée ; Façonné à la main

Mesures

Diamètre de l'ouverture en cm : 4.5 ; Diamètre maximal en cm : 13 ; Hauteur maximale en cm : 23 ; Hauteur en cm : 20

Identification

MNC 2011.1.1 ab

Description :

Pot en terre cuite qui a la forme d'une tête d'homme kanak barbu, avec un nez large et le regard profond. Des rides sont visibles. Sous cette tête on distingue diverses formes qui peuvent être des représentations de fruits ou plantes.

Fonctionnement et contexte

Texte de Patrice Godin pour les Inédits des Amis du Musée de Nouvelle-Calédonie, octobre 2012: Durant huit années, de 1872 à 1880, la Nouvelle-Calédonie a été pour le gouvernement de la France un territoire de déportation politique. En exécution du décret du 23 mars 1872, des insurgés de la Commune de 1871 y furent exilés afin de purger leur peine dans les enceintes fortifiées de la presqu'île de Ducos et de l'île des Pins. Le premier convoi d'un millier d'individus arriva à Nouméa le 29 septembre 1972 à bord du convoyeur "Danaé". En 1874, on comptait environ 3500 "communards" dans le pays. Parmi eux, se trouvait Lucien Félix Henry, auteur probable du présent pot à tabac. Né en 1850 à Sisteron dans les Alpes-de-Haute-Provence, celui-ci était monté à Paris en 1867 pour suivre des cours aux Beaux-arts où il devint notamment le modèle du peintre et sculpteur Jean-Léon Gérôme. Militant socialiste, membre de la première internationale, il collabora au journal « La Résistance ». Au cours de la guerre franco-prussienne et durant la « Commune » (1870-1871), il est membre de la Garde nationale. Le 11 mars 1871 il est élu chef de la légion du XIVe arrondissement et le 3 avril participe à la sortie de Châtillon repoussée par les troupes versaillaises. Au cours de cette offensive malheureuse il est arrêté. Condamné à mort en 1872, sa peine est commuée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Gracié en 1878, il s'installe ensuite en Australie où il connaît une certaine notoriété en tant que peintre. Les vitraux de la mairie de Sydney sont son œuvre majeure. Revenu en France en 1891, il meurt en 1896 au hameau du Pavé à Saint-Léonard-de-Noblat où il est enterré. A l’instar de nombreux autres artistes, artisans et ouvriers d'art ayant participé à la « Commune », Lucien Félix Henry est l’auteur des plusieurs créations plastiques et décoratives, réalisées à temps perdu ou sur commande, et qui sont aisément reconnaissables tant par les thèmes traités (symboles républicains, exotisme colonial) que par leur facture soignée. Le présent pot à tabac en terre cuite en porte ici brillamment témoignage. Emergeant d’une guirlande de fruits et de plantes, le visage du guerrier figuré par Lucien Félix Henry s’impose comme une présence digne et sereine, toute en tension, qui contraste avec l’aspect caricatural de nombreux objets similaires de cette époque.

Exposition

Journées du Patrimoine Visite Réserve 2018 Musée de Nouvelle-Calédonie 22/09/2018 22/09/2018
"Kanak, l'Art est une parole" MQB Musée du Quai Branly, Paris 14/10/2013 26/01/2014
"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2012 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/05/2012 31/12/2012
"Paris-Nouméa, les communards en Nouvelle-Calédonie" ADCK / Centre Culturel Tjibaou 21/09/2005 26/02/2006
"Kanak, l'Art est une parole" MQB Musée du Quai Branly, Paris 14/10/2013 26/01/2014
"Kanak, l’Art est une parole" CCT 2014 ADCK / Centre Culturel Tjibaou 15/03/2014 15/06/2014

Référence bibliographique :

JSO - Journal de la Sté des Océanistes (préciser)
Brochure d'expo ""Kanak, l'Art est une Parole" MQB 2013
Altitude, revue Aircalin (préciser)
Brochure d'expo "Paris-Nouméa" CCT 2006
Endemix, magazine (Préciser)
Mwà Véé, revue culturelle kanak éditée par l'ADCK

Date d'entrée / prise en charge du bien :

01/03/2011