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Hache ou casse-tête de cérémonie ("ostensoir") -...

Désignation

Hache ou casse-tête de cérémonie ("ostensoir")

Lieu :

Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie

Matière et technique

Bois indéterminé (xylème) ; Taillé (bois, os)
Mûrier à papier: écorce battue ; Tapa
Coco: fibres (Cocos nucifera - Palmae) ; Tressage - Vannerie
Poil de roussette (Pteropus sp.) ; Tressage - Vannerie
Fibres végétales indeterminées ; Tressage - Vannerie
Serpentine (roche) ; Taillé.e (pierre ou coquillage) ; Perçé ; Poli.e (pierre ou coquillage)

Mesures

Longueur en cm : 35 ; Largeur en cm : 9 (pierre) ; Epaisseur en cm : 3 ; Hauteur en cm : 11 (pierre)

Identification

MNC 2009.3.59

Description :

Hache de cérémonie dite « ostensoir » de forme classique mais très endommagée. Elle comprend une lame de serpentine dont une partie est manquante, aux bords fins. La pierre est percée en deux points et maintenue sur le manche avec du fil métallique. Le tapa sur le manche est complètement détérioré, on peut cependant en apercevoir des morceaux. Au bas de la pierre et à la poignée du manche, on aperçoit des tresses croisées de fibres végétales, de poils de roussette teints et des tresses de fibres de coco. Cet ensemble du tressage est bien abîmé et le manche fendu. L’ornementation de l’emmanchement est quasi absente, mais nous pouvons imaginer la présence de tapa et la magnificence du tressage sur le manche.

Fonctionnement et contexte

Cette pièce fait partie de la collection du Révérend James HADFIELD et de son épouse Emma, tous deux missionnaires envoyés par la London Missionnary Society aux Iles Loyauté entre 1878 et 1922. Ils effectuèrent une grande collecte de coquillages et d’objets provenant des îles de Lifou et d’Ouvéa, qui fut vendue ou donnée à plusieurs musées anglais, dont le British Museum. Des objets furent également donnés à leurs quatre enfants, deux étant nés à Lifou et les deux autres à Ouvéa. Douglas HADFIELD, petit-fils des missionnaires, a donné cette collection au musée, au nom de sa famille, en 2009. Au sujet des haches de cérémonie kanak, voir l'article de Roger Boulay, paru dans le magazine Tribal Art de l'été 2009 (Tribal Art Eté 2009. XIII:3 numéro 52). Titre: "La hache cérémonielle des Kanak de Nouvelle-Calédonie". Introduction: C’est l’amiral Bruny d’Entrecasteaux, parti à la recherche de La Pérouse, qui rapporta l’existence de cet étrange objet à l’Occident. D’Entrecasteaux stationna du 17 avril au 9 mai 1793 dans le havre de Balade. Son séjour, plus long que celui de Cook, en septembre 1774, lui permit de voir autre chose que des massues et des sagaies telles qu’en collecta sur la plage son illustre prédécesseur. D’Entrecasteaux se vit proposer un objet qui jeta le trouble dans les tentatives de description. Pour finir, on lui découvrit quelque ressemblance avec l’ostensoir du culte catholique destiné à la monstration de l’hostie consacrée, si bien qu’on lui attribuât cette dénomination qu’il n’abandonna plus jamais. Quelques jours plus tard, les officiers purent échanger plusieurs exemplaires de cet objet convoité. C’est dire l’empressement des Kanak à se rendre favorables ces diables blancs équipés de canonnières. Jacques-Julien Houtou de La Billardière, le naturaliste du bord, nota le nom que les indigènes lui donnaient : n’bouet, terme qui, dans la langue locale de Balade, le nyelâyu, désigne tout simplement le casse-tête, sans pour autant préciser ses caractéristiques très particulières qui n’ont guère à voir avec une massue ordinaire (fig. 2). La hache ostensoir est, pour l’essentiel, constituée d’un disque tiré d’une variété locale de jadéite attaché par des liens de rotin (Smilax sp.) à un manche de bois recouvert d’étoffe d’écorce battue retenue ou embobinée par des cordonnets de poils de roussette teints en rouge, d’un emmanchement délicatement orné, le tout étant dressé et lié sur un embasement réalisé avec la coque d’une demi-noix de coco. Extrait du livre d’Emma Hadfield (chap 10) : « En plus de s’emparer des corps des guerriers tués, le chef conquérant se saisissait de la bannière de l’ennemi. On l’appelait « Sio ». C’était un splendide disque de pierre de jade monté sur un long manche de bois et orné de précieux biens indigènes, tissus (wathë) ou laine de roussette (dela). Cette pierre était rare et elle comptait au nombre de leurs trésors les plus précieux. Elle était introuvable dans l’archipel des Loyauté, mais on l’importait de la Nouvelle-Calédonie. En temps de paix, ces trésors royaux ou casse-têtes de cérémonie – chacune d’entre elles dotée d’un nom propre – circulaient, symboles d’hommage et d’honneur entre chefs alliés. »

Date d'entrée / prise en charge du bien :

10/08/2009