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Mortier à bétel - Objets liés au bétel - Vie quo...


Description :

Sculpture monoxyle en bois léger (palmier?) peint de couleur rouge à l'extérieur. Le dessous et l'intérieur sont laissés brut. Le mortier a la forme d'une coupe ovale sur pied et comporte 2 masques/visages stylisés à grand nez chaque côté du bol. Il ne comporte pas d'autre décoration. L'intérieur du bol laisse apparaître des auréoles suggérant la présence antérieure d'humidité. On trouve également sur tout le mortier des traces d'infestation ancienne, peut-être antérieures à la sculpture (4 trous) On peut voir dessous le pied et dans une moindre mesure dans le bol plusieurs rangées de trous ractangulaires évoquant les traces d'une scie.

Fonctionnement et contexte

Le mot bétel désigne à la fois une espèce de poivrier grimpant (Piper betel) et une chique aux effets toniques et légèrement narcotiques qu’on obtient à partir de ses feuilles mâchées avec d'autres ingrédients. Ses consommateurs attribuent au bétel nombre de bienfaits: il est fortifiant, stimulant, antiseptique, procurerait une haleine fraiche, des lèvres bien rouges, un excellent métabolisme… Hélène Giguère et Pierre Maranda qui ont consacré une brève étude à la consommation du bétel en Océanie disent que « dans certaines sociétés, on attribue à la salive ainsi colorée des vertus thérapeutiques auprès des mourants et des malades ». Selon les régions et les communautés, il est dit aussi que le bétel permet de soigner les maux de tête, l'arthrite, les rhumatismes, les maux de dents. En Indonésie, les feuilles de Piper betel sont parfois bues en infusion, et employées comme antibiotique. « On consomme le bétel de deux façons différentes, soit qu'on prépare le mélange en commençant par étendre, à l’aide d’une spatule, un peu de chaux sur une feuille de poivrier qu'on dépose dans un mortier. On y ajoute des morceaux de noix d’arec (Areca catechu) et quelques graines aromatiques; on pile longuement le tout dans un mortier. On porte la mixture à la bouche avec une spatule ou un bâtonnet avec lequel on tambourine, en de courtes séquences bien rythmées, sur le bord du mortier, tout en mastiquant. Autrement on croque la noix avec une bouchée de feuille de poivrier roulée et on y ajoute de la chaux au moyen d'une petite baguette. Vu l’importance rituelle de cette consommation, on a particulièrement soigné l’ornementation de ses instruments: mortier et pilon, contenants à chaux finement ouvragés, souvent en bambou ou parfois crâne du mari pour sa veuve, avec certains de ses ossements (reliques) en guise de spatules » (Hélène Giguère et Pierre Maranda, Musée de la Civilisation, Québec, 2000). Dans les deux préparations, la chaux fait office de catalyseur, et l'arec contient l'alcaloïde arécoline, qui favorise la salivation, la salive devenant teintée de rouge. Ignoré de la Polynésie et du sud de la Mélanésie (Vanuatu et Nouvelle-Calédonie), le bétel est un bien social de grande valeur dans le Pacifique occidental (Nouvelle-Guinée, Archipel Bismarck, Salomon, Palau). Avant d’y être consommé, la noix d’arec est objet d’échange, gage d’amitié, support de convivialité, composante des prestations matrimoniales, substance magique, offrande aux ancêtres et donc lien avec les esprits et les déités. Texte de Patrice Godin pour les "Inédits du Musée de Nouvelle-Calédonie", novembre 2012. Il n'est pas certain que cet objet ait réellement servi comme mortier à bétel.

Exposition

"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2012 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/05/2012 31/12/2012

Date d'entrée / prise en charge du bien :

18/10/2007