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tàno'a - Lea faka'uvea (langue parlée à Wallis) ...


Description :

Coupe à kava (tàno'a en faka’uvea). Coupe ronde et profonde reposant sur quatre pieds, avec un rebord horizontal plat et une anse figurative verticale munie d'une poignée en fibres de coco tressées. Sur le bord de la coupe on note une crevasse est consolidée par une cordelette de coco tressée passant à travers des orifices percés le long de la fente.

Fonctionnement et contexte

Ce tàno’a a été collecté sur l’île d’Uvea (Wallis), en 1959, par Nicolaï Michoutouchkine (1929-2010) auprès de la famille de celui qui deviendra son compagnon dans la vie, Aloi Pilioko (1935), originaire du nord de l’île de Wallis. Grands collectionneurs d’objets d’art du Pacifique, mais aussi artistes peintres, ils sont de véritables ambassadeurs des cultures océaniennes dans le monde. L’accessoire principal dans la réalisation du kava, breuvage fait à partir des racines du Piper methysticum, est le tàno’a. Ce dernier est le récipient dans lequel le kava est préparé. À Wallis et notamment dans les îles de la Polynésie occidentale, il est taillé dans un seul morceau de kohu, un bois dur, réputé imputrescible. Cependant, cet arbre pousse difficilement, voire pas du tout, dans la plupart de ces îles. C’est au sud de l’archipel des îles Lau (à Fidji) que l’on trouve l’origine du tàno’a, dans les îles de Kabara et Fulaga. Ce fut là le grand centre de l’artisanat du bois de la région. Au XVIIIe siècle, des lemaki, charpentiers samoans, ont fait le voyage jusqu’aux îles de Kabara et de Fulaga pour la construction de différents types de pirogue et, d’après les traditions orales, ils ont contribué à l’élaboration de ce style particulier de récipient à kava, connu aujourd’hui sous le nom de tàno’a. Si l’ustensile est né aux îles Lau, l’appellation quant à elle, proviendrait des îles Tonga. On employait ce mot pour désigner le « plat » à kava destiné au Tu’i Tonga (traduit par « roi de Tonga » ; il représente la plus haute autorité dans l’organisation politique tongienne), mesurant plus d’un mètre de diamètre. Cette désignation est restée et s’est généralisée par la suite. À Wallis, dans les années 1980, Richard Rossille (1986) rapporte que les Wallisiens importaient leurs tàno’a de Futuna ou de Fidji. Aujourd’hui, le développement de l’activité de la sculpture sur bois a relancé leur fabrication à Wallis. Comme à Tonga, les grands tàno’a sont réservés aux grandes occasions tandis que les plus petits, de quarante à soixante centimètres de diamètre tels que celui présenté ici et reposant sur quatre ou six pieds, sont réservés aux usages familiaux. Munis d’une languette sculptée en dessous du rebord, deux trous y sont perforés dans lesquels passe une corde qui permet de les suspendre aux poutres intérieures des maisons. Cette partie du tàno’a fait face au « roi » lors de la cérémonie du kava. À force d’utilisation, une patine légèrement verdâtre se dépose au fond du tàno’a. Elle est conservée précieusement car elle apporte, selon les connaisseurs, un goût très « raffiné » au kava. Des traces de cette patine qui a été rincée peuvent être observées à l’intérieur du tàno’a ici présenté. [Les termes vernaculaires sont en faka’uvea (ou en wallisien)] Texte écrit pour "les inédits du musée" d'octobre 2017.

Exposition

"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2017 Musée de Nouvelle-Calédonie 05/03/2017 31/12/2017
"Inédits du Musée" MNC-ALAM 2017 Musée de Nouvelle-Calédonie 05/03/2017 31/12/2017
"Les Noctambules 2016" première soirée Musée de Nouvelle-Calédonie 08/04/2016 08/04/2016

Référence bibliographique :

"Ethnographie et Art de l'Océanie" 1989

Date d'entrée / prise en charge du bien :

23/11/2015