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Poterie tradition Lapita (tesson) - Poterie trad...


Description :

Petit fragment de poterie lapita recouvert légèrement d'un engobe rouge, formé de deux morceaux collés, provenant probablement du col/ partie supérieure d’un pot. Le tesson est presque entièrement décoré de lignes pointillées dessinant un « labyrinthe ». Au centre, dans un triangle, se trouve un motif composé de lignes pointillées et de cercles imprimés ressemblant à une tortue.

Fonctionnement et contexte

Tesson de poterie tradition Lapita à décor labyrinthe collecté à Naïa, Païta avant 1983. Environ 1000 avant J-C. Le peuplement du Pacifique et la poterie Lapita d'après Sand, Christophe 2001, "Archéologie des origines – Le Lapita calédonien", Les cahiers de l’archéologie en Nouvelle-Calédonie, vol.10, édition du Service des Musées et du Patrimoine, Nouméa. L’installation régionale des Océaniens a été progressive, s’étalant sur plusieurs dizaines de milliers d’années, pour ne s’achever qu’au XIIème siècle par la découverte de la Nouvelle-Zélande. Autrefois, un grand continent, appelé Sahul, regroupait la Nouvelle-Guinée, l’Australie et la Tasmanie. Le plus ancien peuplement de cette région, par des hommes venus d’Asie du sud-est, remonte probablement à plus de 50 000 ans. Il y a environ 12 000 ans, le niveau des mers remonta pour donner progressivement les limites actuelles des rivages. Une période exceptionnellement longue de stabilité climatique commença, entraînant l’apparition de sociétés de cultivateurs de végétaux. Un de ces groupes, dont l’origine géographique est située dans la zone du sud de la Chine et de Taiwan vers 3000 av. J-C, développa une culture néolithique expansionniste régionale, avec l’installation progressive de familles de navigateurs dans plusieurs régions de l’Asie du sud-est insulaire. Cette progression est identifiable archéologiquement à travers l’apparition de nouveaux types d’objets, mais également à travers la progression régionale d’un nouvel ensemble linguistique, appelé l’ensemble austronésien. Dans la région nord de la Mélanésie insulaire, les relations culturelles entre les populations océaniennes locales et les navigateurs austronésiens aboutirent, en quelques siècles, à la création d’un nouvel ensemble culturel régional, mariant les connaissances du milieu naturel océanien et les innovations technologiques asiatiques. Cet ensemble culturel peut être facilement identifié par les archéologues sur les sites grâce à un type particulier de poterie apparu à partir de 1500 av. J.-C., décoré principalement de motifs complexes : la poterie Lapita. Les poteries Lapita sont caractérisées par des formes complexes. Les décors principaux sont réalisés sur la partie supérieure des pots, des coupes et assiettes, par l’impression d’outils dentés formant des motifs pointillés. Ces motifs, variés mais restant toujours dans un style standardisé, se composent principalement de constructions géométriques, bien que des formes arrondies ou anthropomorphes complexes soient présentes. Entre environ 1200 et 800 av. J-C., les porteurs de cet ensemble culturel Lapita réussirent à dépasser le sud des îles Salomon, entraînant la découverte des îles du centre et du sud de la Mélanésie, ainsi que Fidji et la Polynésie occidentale.

Exposition

"Lapita, Ancêtres océaniens" Musée du Quai Branly, Paris 09/11/2010 09/01/2011

Référence bibliographique :

"Les arts kanak d'hier et d'aujourd'hui" OPT 2012
Catalogue d'expo "Archéologie des origines" 1999