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Couteau à igname - Couteau de cérémonie - Coutea...

Description analytique

Le couteau est en bois clair. Monoxyle, il comprend 3 parties. De la base à la tête du couteau on constate une forme de pointe puis au centre une forme géométrique et enfin une lame presque rectangulaire au bout arrondi.

Fonctionnement et contexte

Cette pièce fait partie de la collection du Révérend James HADFIELD et de son épouse Emma, tous deux missionnaires envoyés par la London Missionnary Society aux Iles Loyauté entre 1878 et 1922. Ils effectuèrent une grande collecte de coquillages et d’objets provenant des îles de Lifou et d’Ouvéa, qui fut vendue ou donnée à plusieurs musées anglais, dont le British Museum. Des objets furent également donnés à leurs quatre enfants, deux étant nés à Lifou et les deux autres à Ouvéa. Douglas HADFIELD, petit-fils des missionnaires, a donné cette collection au musée, au nom de sa famille, en 2009. Les couteaux à igname sculptés en bois sont plutôt rares en collection. En effet, il ne convient pas de couper l'igname avec une lame. La pointe du couteau en bois doit être plantée dans le tubercule afin de le diviser en morceaux. Utilisé pour les besoins rituels comme les cérémonies des prémices d'ignames, le couteau peut être sculpté et gravé. Les couteaux en nacre servent quant à eux à éplucher les ignames. Extrait du livre d’Emma Hadfield: « Un couteau (hele) de bois dur était également nécessaire pour découper la nourriture en petits morceaux, ou plutôt pour les détacher ; toute autre manière de trancher des portions d’igname est très difficile. » Légende de Lifou sur l’origine de l’usage du coquillage et du couteau, recueillie parEmma Hadfield : « Une vieille femme qui vivait seule et à l’écart de tout autre être humain, était accablée de ne pouvoir faire de feu pour cuire sa nourriture et se chauffer. Elle était toutefois dotée de certains pouvoirs qui lui permettaient de converser avec tous les objets inanimés qui l’entouraient. Voyant une coquille de moule sur le sol, elle la pria d’aller lui chercher du feu, mais celle-ci refusa. Elle remarqua alors un bout de bois dur un peu plus loin, et elle lui expliqua son souhait. Sans attendre, le morceau de bois se mit à exaucer son voeu. Il rencontra un pin colonnaire mais celui-ci refusa de l’aider. Le morceau de bois demanda de l’aide par cinq fois et cinq fois elle lui fut refusée ; mais la sixième fois fut la bonne et tout heureux, il se dépêcha de rentrer avec son trésor. La vieille femme fut ravie, et tout en accordant sa bénédiction au morceau de bois dur, elle dit : « À partir d’aujourd’hui, toi et tes descendants jamais n’entrerez en contact avec quoi que ce soit de sale. On prendra toujours soin de vous et vous couperez toujours la nourriture une fois qu’elle aura été débarrassée de toute saleté ». Puis se tournant vers le coquillage : « Quant à toi, à partir d’aujourd’hui, toi et tes descendants, vous serez condamnés à passer votre vie à des tâches sales et ingrates. Votre lot quotidien sera de racler la saleté et la peau de tous les légumes quand on les aura sortis de terre ». »

Exposition

"Yam" ADCK / Centre Culturel Tjibaou 30/04/2016 24/07/2016
"James et Emma Hadfield, Héritage d'une mission, îles Loyauté 1878-1920" Musée de Nouvelle-Calédonie 04/09/2013 03/02/2014 ; Titre de l'exposition : "James et Emma Hadfield. Héritage d'une mission, îles Loyauté, 1878-1920"

Date d'entrée / prise en charge du bien :

10/08/2009